SEANCE DU 25 JANVIER 2001
M. le président.
La parole est à M. Hugot.
M. Jean-Paul Hugot.
Ma question s'adresse à M. le ministre de la fonction publique et de la
réforme de l'Etat.
Monsieur le ministre, vous me permettrez tout d'abord de rendre un hommage
appuyé aux fonctionnaires qui remplissent chaque jour avec dévouement et
compétence leur mission : être au service de l'intérêt général, au service de
l'Etat et, par là même, au service des Français.
Mme Marie-Claude Beaudeau.
Ils sont mal payés !
M. Jean-Paul Hugot.
Aujourd'hui, les fonctionnaires sont inquiets sur l'avenir de leurs droits.
Malheureusement, les négociations salariales engagées pour 2001 et 2002 dans la
fonction publique viennent d'échouer. Après l'échec, l'an dernier, des
négociations du grand accord sur les 35 heures dans la fonction publique, c'est
la deuxième fois que l'impuissance du Gouvernement à faire aboutir la
négociation sociale dans la fonction publique est mise en évidence.
Aujourd'hui, l'opinion publique aurait de bonnes raisons de s'inquiéter. En
effet, compte tenu de l'effort considérable consenti par la nation pour faire
fonctionner son Etat, en termes de pression fiscale, il est essentiel que la
fonction publique réussisse à se moderniser sans faire appel à un surcroît de
sacrifices de la collectivité nationale.
Or on s'aperçoit que les seules grandes réformes administratives récentes -
réforme de France Télécom, réforme des armées - ont été courageusement lancées
par le précédent gouvernement.
M. Alain Gournac.
Oui !
M. Paul Blanc.
C'est vrai !
M. Jean-Paul Hugot.
L'incapacité du Gouvernement Jospin à réformer, dans la concertation, l'Etat
français n'a, en revanche, jamais été plus évidente.
M. Paul Blanc.
Eh oui !
M. Jean-Paul Hugot.
Ma question est donc la suivante : après l'échec de la réforme de Bercy, après
l'échec de la réforme de l'éducation nationale, les contribuables devront-ils
supporter de nouvelles charges pour financer les 35 heures dans la fonction
publique ? Où le Gouvernement prendra-t-il les 100 milliards de francs que
coûteront au budget de l'Etat les départs à la retraite des fonctionnaires dans
les dix ans à venir ?
(Applaudissements sur les travées du RPR.)
M. Jean Chérioux.
Dans la poche des contribuables !
M. le président.
La parole est à M. le ministre.
M. Michel Sapin,
ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat.
Si j'ai bien
compris, monsieur le président, je dispose de deux minutes trente pour répondre
à l'ensemble des questions qui viennent de m'être posées !
M. le président.
C'est exact !
(Sourires.)
M. Michel Sapin,
ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat.
Vous
comprendrez, donc, monsieur le sénateur, que je ne puisse répondre en détail à
chacune d'entre elles.
Je dirai d'abord un mot sur les négociations salariales. Je mène, au nom du
Gouvernement, le dialogue social dans la fonction publique. En termes de
dialogue social, il y a des moments hauts, où l'on se parle, où on se comprend
et où on aboutit ; il y a également des moments bas. S'agissant des
négociations salariales, nous sommes actuellement dans un moment bas, ce qui ne
veut pas dire que l'on reste forcément bas.
M. Hilaire Flandre.
Et on en reste baba !
(Sourires.)
M. Michel Sapin,
ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat.
Cependant,
monsieur le sénateur, je ne ferai pas, le Gouvernement ne fera pas, ce que
d'autres ont fait en 1995 et en 1996,
(exclamations sur les travées du
RPR)
à savoir ne rechercher aucun accord, ne rechercher aucun dialogue sur
les salaires de la fonction publique et bloquer totalement l'évolution des
traitements des fonctionnaires.
M. Jean-Pierre Schosteck.
Ne serait-ce un peu une caricature ?
M. Michel Sapin,
ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat.
Cette
caricature, vous la lirez, monsieur le sénateur, dans tous les bons ouvrages
!
M. Jean Chérioux.
Ecrits par vos amis ?
M. Michel Sapin,
ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat.
J'entendais
l'autre soir le Premier ministre de l'époque dire, avec beaucoup d'honnêteté,
qu'il n'adresserait certainement pas de critique sur ce sujet au Gouvernement
et au ministre d'aujourd'hui, lui qui avait bloqué les salaires des
fonctionnaires pendant deux ans.
M. René-Pierre Signé.
Eh oui !
M. Michel Sapin,
ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat.
Sur les
questions qui touchent à la réforme de l'Etat d'une manière générale,...
M. René-Pierre Signé.
Ils sont silencieux !
M. Michel Sapin,
ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat.
... mieux
vaut se garder des grandes déclarations sur le fait qu'il faut la faire ou sur
fait que l'on est incapable de la faire.
Il n'y a de réforme de l'Etat que dans la durée, dans la continuité et dans la
ténacité.
Il n'y a pas le grand soir de la réforme de l'Etat ; cela n'existe pas, sauf
dans quelques grands esprits ultralibéraux qui rêvent d'importer tel ou tel
modèle d'outre-atlantique.
M. René-Pierre Signé,
Il y en a ici !
M. Michel Sapin,
ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat.
Il y a des
décisions prises les unes après les autres, dans le domaine des technologies de
l'information et de la communication, dans le domaine de la simplification
administrative, dans le domaine de la gestion prévisionnelle - on vient d'en
parler pour la police. Il en va ainsi dans toute la fonction publique. Il faut
gérer avec l'avenir en ligne de mire.
C'est ce que nous faisons pour le compte du Gouvernement et, avec l'ensemble
des ministres, je cherche à faire en sorte que nous réussissions. C'est dans ce
sens que nous marcherons.
(Bravo ! et applaudissements sur les travées socialistes.)
SITUATION DES INFIRMIÈRES