III. UN LARGE PANORAMA DU RECOURS À L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE DANS LES TERRITOIRES
L'IA est déjà une réalité dans de nombreux processus mis en oeuvre à l'échelle locale. Il ne s'agit d'ailleurs pas toujours de solution d'IA générative, même si les nouveaux usages que celle-ci permet encouragent à l'adopter de plus en plus.
Le recours à l'IA dépend d'un facteur clef : la capacité à piloter des projets d'IA, qui se heurte à la disponibilité des ressources, en particulier des ressources humaines. Si beaucoup de collectivités territoriales souhaitent lancer des projets d'IA, elles ne disposent pas forcément en interne des compétences pour pouvoir les mener à bien, et même parfois simplement pour connaître l'état des technologies et recenser les solutions que le marché peut offrir.
A. UNE ADOPTION DE L'IA QUI COUVRE UNE GRANDE VARIÉTÉ DE DOMAINES
Le rapport du Conseil d'État d'août 2022 consacré à l'intelligence artificielle et l'action publique8(*) avait fourni une première cartographie des systèmes d'IA pour la gestion des territoires (fiche n° 1 de l'annexe n° 9). Pour les auteurs du rapport, « la gestion et l'aménagement du territoire et de l'espace (voiries et réseaux, urbanisme...) constituent un terrain d'application privilégié » pour le déploiement de ces systèmes. Plusieurs catégories de cas d'application avaient été identifiés :
- les transports et la mobilité, pour lesquels il existe déjà des outils grand public mis à disposition par les grands acteurs du numérique pour le calcul d'itinéraires ou le guidage routier (par exemple l'application waze). Les acteurs publics fournissent aussi des services au public (par exemple l'application Vianavigo d'Île-de-France mobilité) mais ils peuvent aussi recourir à l'IA pour des besoins internes, par exemple pour optimiser la gestion de trafic (application NExTEO de la SNCF pour la gestion des trains et l'aide à la conduite) ou encore pour planifier l'entretien des infrastructures ;
- la gestion des déchets est aussi un domaine où l'IA peut aider, par exemple à calculer les meilleurs circuits de ramassage, ou pour trier les déchets sur les tapis des centres de tri ;
- la gestion de l'eau, de la même manière, a été repérée comme un terrain propice à l'utilisation de l'IA, par exemple pour repérer les fuites ou pour anticiper les volumes à produire et distribuer ;
- l'éclairage public, peut aussi bénéficier des apports de l'IA, grâce à des capteurs qui renvoient des informations à un système central capable de moduler l'intensité lumineuse en fonction de la fréquentation ou d'autres paramètres ;
- la surveillance de l'état de la voirie ou encore des dépôts sauvages peut aussi être en partie automatisée par l'IA ;
- l'affectation des espaces urbains ou encore la délivrance des autorisations d'urbanisme sont un des champs également cités dans l'étude du Conseil d'État ;
- enfin, les relations des collectivités territoriales avec les usagers peuvent s'appuyer sur de l'IA pour répondre aux questions à travers des robots conversationnels (chatbots), guider les administrés dans leurs démarches, ou encore recueillir les avis, les classer, les synthétiser.
* 8 https://www.conseil-etat.fr/publications-colloques/etudes/intelligence-artificielle-et-action-publique-construire-la-confiance-servir-la-performance