2.2.2 UN MANQUE DE VISIBILITÉ SUR LES ACTIVITÉS DES SERVICES DE SANTÉ SCOLAIRE ET DES DIFFICULTÉS EN MATIÈRE DE PILOTAGE

Malgré les efforts du ministère de l'Éducation, l'efficacité du pilotage de la santé scolaire rencontre de nombreuses difficultés notamment en termes de pilotage budgétaire. En effet, les moyens sont dispersés au sein de plusieurs programmes budgétaires, le programme 230 « Vie de l'élève », le programme 214 qui accueille, de façon non explicitée dans les projets annuels de performances, les médecins, infirmiers et assistants de services sociaux conseillers techniques ainsi que les programmes budgétaires 140 et 141 qui financent l'enseignement public du premier et du second degré. L'absence d'unité du cadre budgétaire altère donc la lisibilité et la traçabilité.

Le pilotage est également entravé par le manque de coordination entre les différents services de santé scolaire tant au premier qu'au second degrés. En effet, la gestion des services de la santé scolaire apparait très cloisonnée et présente des disparités notamment dans les dotations entre académies. Face à des missions obligatoires lourdes, la gestion des ressources humaines du personnel, très déconcentrée, est assurée en « silos », plutôt qu'en coopération. Les directives visant à établir des instances locales de coopération entre les professionnels sont appliquées de manière inégale, que ce soit au niveau des rectorats ou de l'administration centrale. Par exemple, la gestion locale des assistants de service social (ASS), PsyEN, infirmiers et médecins scolaires relève de différentes chaînes hiérarchiques et fonctionnelles.22(*) Cette organisation complexe et éclatée a donc des conséquences négatives pour l'unité d'action et de gestion.

Enfin, le manque d'unité d'action se retrouve également dans les systèmes d'information utilisés pour le suivi de la santé des élèves qui sont souvent dépassés et sous-utilisés par les professionnels de santé. Les logiciels utilisés par les infirmières scolaires (Lien) et par les médecins (Esculape) ne permettent pas de partage de l'information. De plus, le manque de coordination entre les différents professionnels sur les outils utilisés peut entraîner une saisie répétée des mêmes informations. Ce qui entraine des difficultés sur le recensement du taux de réalisation des dépistages obligatoires et dégrade la performance du pilotage. Ces difficultés sont notamment accentuées par le contexte de « grève statistique », au cours de laquelle une part significative du personnel de santé scolaire refuse de transmettre des statistiques sur leur activité. Les raisons invoquées par les personnels incluent principalement une charge de travail trop élevée, qui ne leur permet pas de consacrer du temps à la transmission de ces données. En conséquence, l'Éducation nationale ne possède pas les informations requises pour repérer et prioriser les élèves n'ayant pas bénéficié de dépistage. Ainsi, la continuité du parcours de santé n'est pas garantie par les systèmes d'information.


* 22 Rapport de la Cour des comptes, Les médecins et les personnels de santé scolaire, mai 2020

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