Question de M. GAY Fabien (Seine-Saint-Denis - CRCE-K) publiée le 14/11/2024

M. Fabien Gay interroge Mme la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques sur la stratégie qu'envisage le Gouvernement pour l'avenir de l'établissement public Météo France.

Un volet de l'accord de Paris sur le Climat était consacré à la nécessité, pour les États signataires - dont la France - de s'adapter aux conséquences des dérèglements climatiques.

Dans ce cadre, Météo France est un acteur de premier plan, puisqu'il exerce les attributions de l'État en matière de sécurité météorologique des personnes et des biens et de suivi du climat.

Contrairement à l'engagement pris lors de la COP21, le financement de ce service public n'a eu de cesse de diminuer, conduisant à une mobilisation des agents et agentes.

En réponse, 25 postes ont été ouverts en 2024 ; pour 2025, la création de 5 postes a été annoncée.

Mais cette hausse est insuffisante : elle répond en réalité à de nouvelles missions et ne permet pas de revenir sur la réduction de près de 600 postes consacrés aux missions de base de l'établissement depuis la COP21.

Alors que le mois d'octobre 2024 a été marqué par de graves inondations, il apparaît que le rôle de Météo France doit se renforcer dans l'accompagnement des autorités locales pour élaborer des stratégies d'adaptation et de crise face aux conséquences du dérèglement climatique.

En effet, la culture de prévention des risques climatiques est encore nouvelle en France, et peut être source d'incompréhension.

En 2023, lors du Salon des Maires, les élus locaux avaient exprimé un besoin d'accompagnement et d'aide à la prise de décisions.

Aussi, les fonctionnaires de Météo France ont un rôle de premier plan à jouer dans la formation de l'écosystème public.

Auparavant, les agents affectés dans les centres départementaux (dont le nombre a été réduit de deux tiers en 10 ans) pouvaient se déplacer physiquement pour appuyer les autorités locales dans leurs prises de décision.

En raison de la nouvelle configuration appauvrie de ce service public, cette possibilité a tout simplement disparue.

Pourtant, les remerciements répétés de la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) pour l'assistance fournie au niveau national par Météo France dans les locaux du centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (COGIC), montre l'apport essentiel de ce type de dispositif, et devrait constituer un exemple à décliner dans l'ensemble des préfectures.

Aussi, il interroge le Gouvernement sur la stratégie envisagée, notamment si un rattrapage des moyens alloués à Météo France est prévu, qui servirait à renforcer ses effectifs pour revenir, à minima, à la masse salariale de 2015, et maintenir les systèmes en condition opérationnelle tout en renforçant leur implantation dans les territoires.

Il souhaiterait également savoir si des moyens complémentaires vont être alloués à la recherche fondamentale à l'aune de l'arrivée de l'intelligence artificielle dans le secteur, sans réduire les crédits alloués aux autres domaines de recherches.

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Transmise au Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature


Réponse du Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature publiée le 15/01/2026

La Gouvernement est très vigilant quant à la qualité des services météorologiques et climatiques rendus par Météo-France au bénéfice de tous les acteurs dans le cadre de ses missions de service public. Ces dernières années, l'établissement s'est engagé dans un ambitieux plan de restructuration avec, pour double objectif, de rationaliser les dépenses publiques et de dégager des marges de manoeuvre pour des investissements visant à préparer l'avenir. Ce plan a été un succès avec le maintien d'un niveau élevé de qualité dans les prévisions fournies et les alertes émises. L'amélioration de la technologie, qui permet à la fois la remontée automatique de données au centre de prévision et la mise à disposition fluide de l'expertise des prévisionnistes de Météo France auprès des territoires en situation de crise, a rendu possible la suppression des centres locaux sans que la qualité de la prévision ni de la prévoyance n'en subisse de conséquences. Météo France est dans une période de consolidation, qui s'est traduite par une stabilité ou hausse de ses moyens humains puisque tant 2023 que 2024 ont apporté des schémas d'emploi positifs (+23 ETP en 2023, +25 ETP en 2024). Les gains de productivité ainsi acquis permettent à l'établissement de réaliser ses missions avec une grande efficacité et ne justifient pas un retour au niveau de la masse salariale de 2015. Enfin, le Gouvernement est pleinement conscient de l'enjeu de l'intelligence artificielle (IA). Il a demandé à Météo-France d'engager un travail d'analyse de l'impact de l'IA sur ses métiers dans un souci constant d'amélioration des prévisions et de valorisation des compétences des agents de l'établissement, comme par exemple les prévisions augmentées par l'IA. Un autre travail d'envergure est le renouvellement de sa puissance de calcul. En effet, le renouvellement du futur supercalculateur, qui représente une opération de plusieurs centaines de millions d'euros, constitue un des chantiers majeurs pour Météo-France. Il lui permettra de maintenir son niveau d'excellence scientifique et ses capacités de coopérations internationales, et de poursuivre l'amélioration de l'anticipation des phénomènes dangereux, dans un contexte climatique et météorologique de plus en plus instable.

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