L'usage détourné du protoxyde d'azote (appelé "gaz hilarant" ou "proto") à des fins récréatives connaît une recrudescence en France et dans plusieurs pays européens. Une augmentation spectaculaire des signalements par les autorités sanitaires est ainsi constatée ces dernières années.

En France, la loi du 1er juin 2021 tendant à prévenir les usages dangereux du protoxyde d’azote a fixé un premier cadre législatif pour réguler ces usages et protéger les mineurs. 

La proposition de loi examinée par le Sénat renforce le cadre législatif en vigueur afin de mieux lutter contre ces mésusages.

Elle a été adoptée jeudi 6 mars 2025 et est transmise à l’Assemblée nationale.

Pourquoi ce texte ?

Le protoxyde d’azote est à la fois un médicament, dont les conditions d’accès et d’utilisation sont particulièrement encadrées, et un produit de consommation courante (additif alimentaire et gaz de compression dans les aérosols) aisément accessible dont la consommation s’accompagne de risques sérieux et potentiellement graves pour la santé.

De plus, la diversité des circuits de distribution du protoxyde d’azote et la vente sur internet, très majoritaire, ne facilitent pas le contrôle des règles de majorité – il est interdit de vendre du protoxyde d’azote à des mineurs – ni des contenants commercialisés. Bien qu’ils ne soient pas autorisés, les conditionnements de grand format, de type bonbonne ou bouteille, constitueraient désormais l’essentiel des produits vendus à des fins récréatives.

Dans un contexte d’augmentation des signalements d’abus et de détournements d’usage par les autorités sanitaires, ce texte vise à compléter la loi du 1er juin 2021 en prévoyant notamment de sanctionner l’usage détourné de protoxyde d’azote, de responsabiliser les consommateurs en matière environnementale et de renforcer la prévention auprès des jeunes.

Concrètement, la proposition de loi prévoit de sanctionner expressément la consommation détournée du protoxyde d'azote et de renforcer le quantum de peine applicable en cas de vente de protoxyde d'azote à un mineur.

Elle prévoit également de mieux encadrer la vente de protoxyde d'azote en la conditionnant à une autorisation administrative et en l'interdisant la nuit.

Elle crée en outre une infraction spécifique relative à l'abandon sur la voie publique de toute forme de contenant de protoxyde d'azote.

Enfin, elle propose d'inscrire une information sur les dangers liés aux usages détournés du protoxyde d'azote parmi les sujets abordés dans les collèges et les lycées à l'occasion des séances de sensibilisation et de prévention aux conduites addictives.

Les apports du Sénat

En commission puis en séance, les sénateurs ont amendé la proposition de loi.

Les amendements adoptés visent notamment :

- à sanctionner l’usage détourné de protoxyde d’azote par une contravention de la troisième classe, 

- à créer une amende de 100 000 euros en cas de non-respect des dispositions relatives aux quantités maximales de vente du protoxyde d’azote aux particuliers, 

- à transformer le dispositif d’agrément des vendeurs de protoxyde d’azote, tel qu'inscrit dans le texte initial, en un système déclaratif,

- à supprimer l'interdiction de détention du protoxyde d'azote par les mineurs,

- à renforcer le volet prévention de la proposition de loi,

- à compléter l'interdiction de vendre des produits destinés à faciliter l’extraction du protoxyde d'azote par une interdiction de leur détention et de leur transport.

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