Direction de la séance |
Proposition de loi Condition de durée de résidence pour le versement de prestations sociales (1ère lecture) (n° 427 , 426 , 423) |
N° 1 rect. 13 mars 2025 |
Exception d'irrecevabilitéMotion présentée par |
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Mmes ROSSIGNOL et NARASSIGUIN, M. KANNER, Mmes CANALÈS, CONCONNE et FÉRET, MM. FICHET et JOMIER, Mmes LE HOUEROU, LUBIN et POUMIROL, MM. BOURGI et CHAILLOU, Mme de LA GONTRIE, M. DURAIN, Mme HARRIBEY, M. KERROUCHE, Mme LINKENHELD, M. ROIRON et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain TENDANT À OPPOSER L'EXCEPTION D'IRRECEVABILITÉ |
En application de l’article 44, alinéa 2, du Règlement, le Sénat déclare irrecevable la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales (n° 299, 2024-2025).
Objet
La présente motion propose de déclarer irrecevable la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, en raison des graves atteintes aux libertés publiques qu’elle porte, et notamment aux droits et libertés que la Constitution garantit.
Outre le fait que ce texte est dépourvu d’objet en raison des conventions et accords internationaux qui régissent les droits sociaux des étrangers extracommunautaires qui résident régulièrement en France, cette proposition de loi prive de garanties légales les exigences constitutionnelles de solidarité nationale en faveur des personnes défavorisées en exigeant des étrangers régulièrement présents sur le territoire français une résidence régulière de deux ans pour prétendre au bénéfice de ces prestations.
Au-delà, d’autres droits fondamentaux risqueraient d’être remis en cause par ce texte. Plusieurs des prestations qui font l’objet de ce texte contribuent à rendre effectifs des droits fondamentaux garantis par le droit interne et international, notamment le droit au respect de la vie privée et familiale ou l’intérêt supérieur des enfants. En privant les étrangers et leur famille de ces prestations pendant deux années alors même qu’ils résident régulièrement en France, cette proposition de loi contrevient de toute évidence à ces droits fondamentaux.
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Proposition de loi Condition de durée de résidence pour le versement de prestations sociales (1ère lecture) (n° 427 , 426 , 423) |
N° 2 13 mars 2025 |
Question préalableMotion présentée par |
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Mmes PONCET MONGE et SOUYRIS, MM. BENARROCHE, Grégory BLANC et DANTEC, Mme de MARCO, MM. DOSSUS, FERNIQUE et GONTARD, Mme GUHL, MM. JADOT et MELLOULI, Mme OLLIVIER, M. SALMON et Mmes SENÉE et Mélanie VOGEL TENDANT À OPPOSER LA QUESTION PRÉALABLE |
En application de l’article 44, alinéa 3, du Règlement, le Sénat décide qu’il n’y a pas lieu de poursuivre la délibération sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales (n° 299, 2024-2025).
Objet
La présente motion propose de ne pas poursuivre la délibération sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales.
La proposition de loi entend répondre à un « appel d’air » migratoire. En effet, la deuxième phrase de l’exposé des motifs de la proposition de loi est la suivante : « Il est ici envisagé de prendre des mesures visant à limiter l'« appel d'air » migratoire généré par un régime social dont les conditions de bénéfice généreuses peuvent contribuer à attirer les flux d'immigration illégale. Pour cela, il est proposé d'instaurer une durée minimale de résidence en situation régulière de deux années avant l'accès à certaines prestations sociales ».
L’appel d’air n’est pas avéré empiriquement et scientifiquement, il est contesté par de nombreuses recherches académiques et relève du « mythe ».
Par conséquent, considérant que l’ensemble de la proposition de loi s’appuie et se justifie par ce concept récusé par les chercheurs-euses et la réalité des faits, il nous apparaît qu’il n’y a pas lieu de poursuivre la délibération.
Ce texte et son dispositif n’ont donc plus lieu d’exister.
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Proposition de loi Condition de durée de résidence pour le versement de prestations sociales (1ère lecture) (n° 427 , 426 , 423) |
N° 9 14 mars 2025 |
AMENDEMENTprésenté par |
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Mmes ROSSIGNOL, NARASSIGUIN, CANALÈS, CONCONNE et FÉRET, MM. FICHET et JOMIER, Mmes LE HOUEROU, LUBIN et POUMIROL, MM. BOURGI et CHAILLOU, Mme de LA GONTRIE, M. DURAIN, Mme HARRIBEY, M. KERROUCHE, Mme LINKENHELD, M. ROIRON et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain ARTICLE ADDITIONNEL AVANT ARTICLE 1ER |
Avant l'article 1er
Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur la contribution des étrangers extracommunautaires dans l’économie nationale, et sur l’importance des prestations sociales pour l’intégration des étrangers à la vie économique et sociale du pays.
Objet
L'idée fondatrice de la présente loi selon laquelle les immigrés pèseraient excessivement sur les finances publiques est contraire aux données disponibles. En réalité, selon l’OCDE en 2021, la contribution nette des immigrés au PIB français est de +1,02%, montrant que leur apport au budget de l'État excède les dépenses publiques qui leur sont allouées. Cette contribution excédentaire est confirmée par des études internationales, qui montrent que dans l'ensemble des pays de l’OCDE, les immigrés contribuent plus par leurs impôts et cotisations qu'ils ne bénéficient de dépenses publiques.
Cette contribution excédentaire réfute l'idée que restreindre leur accès aux prestations sociales générerait des économies substantielles pour l’Etat. Comme le souligne l’économiste Jean-Christophe Dumont, les immigrés, souvent jeunes et actifs, cotisent davantage que ce qu'ils perçoivent, ce qui compense les coûts sociaux liés aux populations âgées. Ainsi, les immigrés contribuent de manière significative au financement de la protection sociale, et leur impact économique doit être évalué sur des données factuelles et non pas des mythes xénophobes.
Par cet amendement, nous demandons au Gouvernement d’établir un état des lieux précis sur le rôle économique joué par les personnes étrangères vivant en France, basé sur les travaux scientifiques existants et non sur les mythes xénophobes, comme celui de l’”appel d’air”, qui ont nourri la présente proposition de loi.
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Proposition de loi Condition de durée de résidence pour le versement de prestations sociales (1ère lecture) (n° 427 , 426 , 423) |
N° 3 13 mars 2025 |
AMENDEMENTprésenté par |
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Mmes SILVANI, APOURCEAU-POLY, BRULIN et les membres du groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste - Kanaky ARTICLE 1ER |
Supprimer cet article.
Objet
Au nom de la lutte contre l'immigration, la proposition de loi créait une obligation de résidence en situation régulière de deux ans pour l’accès à un ensemble de prestations sociales non contributives.
Cette mesure s'appuie sur le mythe de l'appel d'air migratoire pour justifier la préférence nationale sur les prestations sociales.
Cet article remet en cause les principes fondateurs de notre modèle social et n'aura pour conséquence que d'aggraver la précarité dans notre pays.
Pour l'ensemble de ces raisons nous en demandons sa suppression.
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Proposition de loi Condition de durée de résidence pour le versement de prestations sociales (1ère lecture) (n° 427 , 426 , 423) |
N° 4 14 mars 2025 |
AMENDEMENTprésenté par |
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Mmes ROSSIGNOL, NARASSIGUIN, CANALÈS, CONCONNE et FÉRET, MM. FICHET et JOMIER, Mmes LE HOUEROU, LUBIN et POUMIROL, MM. BOURGI et CHAILLOU, Mme de LA GONTRIE, M. DURAIN, Mme HARRIBEY, M. KERROUCHE, Mme LINKENHELD, M. ROIRON et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain ARTICLE 1ER |
Supprimer cet article.
Objet
La présente proposition de loi marque une nouvelle tentative de la droite de restreindre l’accès des ressortissants étrangers non européens aux prestations sociales, après deux échecs successifs en l’espace de deux ans. Elle reprend les propositions qui avaient déjà été rejetées par le Conseil constitutionnel et cherche à instaurer une condition de résidence minimale de deux ans pour bénéficier des aides au logement, des prestations familiales et de l’allocation personnalisée d’autonomie.
Cette initiative s’inscrit dans une logique de restriction des droits sociaux, reposant sur un présupposé « appel d’air » des étrangers, un mythe largement infirmé par les études empiriques sur les flux migratoires. Celles-ci montrent que les déterminants principaux de la migration sont avant tout économiques et liés à l’existence de réseaux diasporiques, et non aux politiques sociales des pays d’accueil.
Cette proposition repose sur des ressorts idéologiques erronés, qui assimilent immigration et dépenses publiques sans apporter de fondements scientifiques pour justifier une telle orientation. À l’inverse, des analyses comme celles de l’OCDE attestent de la contribution nette positive des immigrés à l’économie nationale, notamment via un impact favorable sur le PIB. Le texte opère ainsi une confusion entre objectifs budgétaires et principes de solidarité, alors même que l’accès aux prestations sociales doit relever de la solidarité nationale, et non d’un raisonnement strictement économique.
En imposant une durée minimale de résidence, cette proposition fragilise les conditions de vie des personnes étrangères résidant régulièrement en France, et ce, en contradiction manifeste avec les principes de solidarité inscrits dans notre Constitution. Elle risque, de surcroît, de porter atteinte à la cohésion sociale de notre pays.
C’est pourquoi cet amendement propose de supprimer l’article premier de ce texte.
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Proposition de loi Condition de durée de résidence pour le versement de prestations sociales (1ère lecture) (n° 427 , 426 , 423) |
N° 11 17 mars 2025 |
AMENDEMENTprésenté par |
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Mmes PONCET MONGE et SOUYRIS, MM. BENARROCHE, Grégory BLANC et DANTEC, Mme de MARCO, MM. DOSSUS, FERNIQUE et GONTARD, Mme GUHL, MM. JADOT et MELLOULI, Mme OLLIVIER, M. SALMON et Mmes SENÉE et Mélanie VOGEL ARTICLE 1ER |
Supprimer cet article.
Objet
Dans le débat public, un mythe, régulièrement convoqué bien que tout autant régulièrement invalidé dans les faits et les travaux de recherche, persiste : celui selon lequel le système de protection sociale français présenterait une générosité tellement supérieure aux autres pays qu’il susciterait un « appel d’air » pour une immigration mue par la quête rationnelle de prestations sociales.
Cette assertion, reprise dans l’exposé des motifs de cette proposition de loi malgré son caractère dénué de tout fondement empirique sérieux, et démentie par les travaux académiques, ne persiste que pour des motivations idéologiques teintées de xénophobie et sa fonction de diversion par la désignation de boucs émissaires : à l’heure de la rigueur budgétaire, cela coûterait cher, voire menacerait notre modèle social.
La proposition de loi crée ainsi de nouvelles conditions pour l’accès à un ensemble de prestations sociales non contributives, de deux ans de durée de résidence en situation régulière d’étranger·e·s ayant déjà satisfait aux conditions de stabilité de la résidence.
La proposition de loi prétend concilier, de manière équilibrée, les impératifs constitutionnels de solidarité nationale en faveur des personnes défavorisées et la sauvegarde de l’ordre public.
Nous le contestons et demandons la suppression de l’article unique.
En effet, notons l’hétérogénéité des prestations visées comprenant certaines prestations familiales (la prestation d'accueil du jeune enfant, les allocations familiales, l'allocation de rentrée scolaire, mais pas toutes, certaines sont exclues comme l'allocation forfaitaire versée en cas de décès d'un enfant ou l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé, sans explication logique ou cohérente, inclusions et exclusions totalement discrétionnaires), l’APA (mais pas la PCH), et les APL.
Certaines prestations (APL) sont concernées, mais pas pour tout·e·s, puisque le texte exclut les étudiant·e·s étranger·e·s, introduisant une rupture d’égalité entre étranger·e·s en situation régulière, et si des règles spécifiques aux étranger·e·s peuvent être édictées entre nationaux et étrangers en situation régulière sans se voir opposer le principe d’égalité, la rupture d’égalité entre étrangers en situation régulière pose un problème de droit.
De plus, ces prestations diffèrent par leur objet et par les droits et principes fondamentaux qui les fondent (dignité de la personne humaine, droit à une vie familiale, respect de la vie privée, disposer d’un logement décent…) garantis par le bloc constitutionnel et protégés par des conventions européennes et internationales (voire des accords bilatéraux). Or aucun lien entre ces objets et les restrictions des droits sociaux n'est analysé et justifié par cette proposition, avant même de juger de leur proportionnalité au sens strict pour la durée de deux ans. À quelle nécessité cela répond-il ? La restriction est-elle adaptée ? Rien n'est avancé, sinon la vague référence à l’appel d’air migratoire dans l’exposé des motifs.
Pour chaque prestation, il est aisé de montrer que le risque d’inconstitutionnalité est avéré.
Et quant à l’appel d’air, pure construction idéologique, il ne résiste pas à l’examen.
Tout d’abord, il convient de souligner que les flux migratoires répondent à des déterminants bien plus profonds et complexes que l’existence ou pas d’un filet de sécurité sociale.
Les travaux en sciences sociales et les études quantitatives menées sur la question démontrent avec constance que les motivations premières des migrant·e·s relèvent de dynamiques structurelles : instabilité politique, guerres, persécutions, catastrophes économiques, changement climatique. À cela s’ajoutent des impératifs familiaux, les aspirations éducatives et professionnelles, qui s’avèrent bien plus déterminants que le système social.
Au contraire, comparée à d'autres grands pays européens (dont la plupart ont pourtant une protection sociale moins-disante), la France attire moins d'étranger·e·s, qu'ils et elles soient citoyenn·e·s de l'Union européenne ou ressortissant·e·s de pays tiers. Cette tendance est stable depuis deux décennies.
Par ailleurs, si l’on devait suivre jusqu’à l’absurde la logique d’un supposé « appel d’air », alors la France devrait se voir submergée de vagues migratoires massives (réellement et pas en « sentiment de submersion migratoire » patiemment entretenu) dès lors que des réformes élargissent le champ de la protection sociale. Or, une telle corrélation n’existe tout simplement pas. Aucun rapport du Haut Conseil à l’Intégration, de l’INSEE, de l’OCDE ou de toute autre institution sérieuse n’a jamais établi un lien de causalité entre le niveau de prestations du modèle social français et une augmentation spécifique des flux d’immigration.
En somme, la rhétorique de l’« appel d’air » ne résiste ni à l’épreuve des faits, ni à l’analyse rationnelle. Elle sert avant tout de paravent à des discours simplificateurs, détournant l’attention des véritables enjeux de la politique migratoire et sociale. Il est grand temps de déconstruire cette fable, non seulement parce qu’elle repose sur des bases fallacieuses, mais aussi parce qu’elle alimente un climat de suspicion et d’exclusion qui affaiblit notre pacte républicain.
En conclusion, en restreignant l’accès des étranger·e·s réguliers non ressortissant·e·s de l’Union européenne aux APL, à beaucoup de prestations familiales et à l’APA, cette proposition de loi attaque frontalement plusieurs principes constitutionnels fondamentaux. Elle contrevient aux 10ᵉ et 11ᵉ alinéas du Préambule de la Constitution de 1946, qui consacrent le droit de toute personne à un logement décent et à une protection sociale effective. Elle porte également atteinte à l’exigence de dignité humaine, pourtant érigée en principe constitutionnel. Le Conseil constitutionnel, dans une décision récente, a rappelé que les étranger·e·s résidant de manière stable et régulière sur le territoire français bénéficient des droits à la protection sociale, et que toute restriction en la matière ne saurait priver ces droits de garanties légales. Or, cette PPL va précisément à l’encontre de ce cadre en instaurant une condition de durée de résidence arbitraire et discriminatoire, dont le seul effet serait de plonger dans la précarité des personnes souvent vulnérables. Le Conseil a déjà censuré des tentatives similaires. Cette PPL tente, une troisième fois, de légitimer une forme insidieuse de « préférence nationale » qui ne dit pas son nom.
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Proposition de loi Condition de durée de résidence pour le versement de prestations sociales (1ère lecture) (n° 427 , 426 , 423) |
N° 5 14 mars 2025 |
AMENDEMENTprésenté par |
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Mmes ROSSIGNOL, NARASSIGUIN, CANALÈS, CONCONNE et FÉRET, MM. FICHET et JOMIER, Mmes LE HOUEROU, LUBIN et POUMIROL, MM. BOURGI et CHAILLOU, Mme de LA GONTRIE, M. DURAIN, Mme HARRIBEY, M. KERROUCHE, Mme LINKENHELD, M. ROIRON et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain ARTICLE 1ER |
Alinéas 1 à 3
Supprimer ces alinéas.
Objet
Cet amendement a pour objet d’exclure les aides personnelles au logement (APL) de la liste des prestations sociales que la présente proposition de loi entend soumettre à une condition de durée minimale de résidence sur le territoire français d’au moins deux ans.
En l’état actuel du droit, toute personne étrangère résidant en France de manière régulière, c’est-à-dire titulaire d’un titre de séjour valide, peut bénéficier des APL. Il est crucial que ces aides demeurent accessibles à toute personne résidant de façon stable et régulière sur le territoire national. En effet, elles constituent un levier indispensable à l’accès au droit au logement, qui est un droit fondamental reconnu par le Conseil constitutionnel comme un objectif de valeur constitutionnelle.
Restreindre l'accès à ces aides en imposant une condition de durée de résidence ne fera qu’exacerber les inégalités et la précarité, des phénomènes déjà largement en expansion en France.
Les retirer à des personnes qui, par définition, disposent de faibles ressources économiques, aggraverait la pauvreté, freinerait l’accès à un logement décent et fragiliserait davantage des populations déjà vulnérables. Cela contribuerait également à fragiliser l’emploi des étrangers en situation régulière, en les privant d'un soutien essentiel pour s’installer et participer activement à la vie économique du pays. Cette approche compromet les objectifs d’intégration et d’inclusion sociale, auxquels notre pays doit continuer à aspirer.
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Proposition de loi Condition de durée de résidence pour le versement de prestations sociales (1ère lecture) (n° 427 , 426 , 423) |
N° 12 18 mars 2025 |
AMENDEMENTprésenté par |
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Mme LASSARADE au nom de la commission des affaires sociales ARTICLE 1ER |
I. – Après l’alinéa 3
Insérer un alinéa ainsi rédigé :
…° Au 1° de l’article L. 861-5, les mots : « les deux premiers alinéas de l’article L. 512-2 du code de la sécurité sociale » sont remplacés par les mots : « les articles L. 512-2 et L. 512-2-1 du code de la sécurité sociale ».
II. – Après l’alinéa 4
Insérer un alinéa ainsi rédigé :
…° Au second alinéa de l’article L. 168-8, les mots : « à l’article L. 512-1 et aux deux premiers alinéas de l’article L. 512-2 » sont remplacés par les mots : « aux articles L. 512-1, L. 512-2 et L. 512-2-1 » ;
III. – Après l’alinéa 15
Insérer un paragraphe ainsi rédigé :
…. – Au 1° de l’article 21-12 de l’ordonnance n° 96-1122 du 20 décembre 1996 relative à l’amélioration de la santé publique, à l’assurance maladie, maternité, invalidité, décès et autonomie, au financement de la sécurité sociale à Mayotte et à la caisse de sécurité sociale de Mayotte, les mots : « à l’article L. 512-1 et aux deux premiers alinéas de l’article L. 512-2 » sont remplacés par les mots : « aux articles L. 512-1, L. 512-2 et L. 512-2-1 ».
Objet
Coordination juridique.
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Proposition de loi Condition de durée de résidence pour le versement de prestations sociales (1ère lecture) (n° 427 , 426 , 423) |
N° 6 14 mars 2025 |
AMENDEMENTprésenté par |
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Mmes ROSSIGNOL, NARASSIGUIN, CANALÈS, CONCONNE et FÉRET, MM. FICHET et JOMIER, Mmes LE HOUEROU, LUBIN et POUMIROL, MM. BOURGI et CHAILLOU, Mme de LA GONTRIE, M. DURAIN, Mme HARRIBEY, M. KERROUCHE, Mme LINKENHELD, M. ROIRON et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain ARTICLE 1ER |
Alinéas 4 à 13
Supprimer ces alinéas.
Objet
Cet amendement a pour objet de supprimer les prestations familiales des prestations sociales dont les étrangers seraient privés au seul motif que leur résidence régulière en France serait inférieure à deux années.
Les prestations familiales visées par les restrictions proposées par la présente loi sont nombreuses : prestation d’accueil du jeune enfant, allocations familiales, complément familial, allocation de logement, allocation de soutien familial et allocation de rentrée scolaire. Seules trois prestations sont exemptées de ces restrictions : l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé, l’allocation versée en cas de décès d’un enfant et, depuis le texte de la commission, la prestation journalière de présence parentale.
Priver les étrangers en situation régulière de ces prestations familiales pendant les deux premières années de leur présence en France aura pour seul effet de précariser des familles, parfois des familles monoparentales, et par voie de conséquence, des enfants.
Par ailleurs, la disposition qui prévoit que la condition de séjour de deux ans n’est pas opposable aux titulaires d’un titre de séjour autorisant à travailler, qui pourrait paraitre positive en première intention, est un non-sens à double titre. D'une part, cela revient à priver de la solidarité nationale ceux qui n'ont pas d'autorisation de travail, c'est à dire ceux qui, pour un temps, en aurait le plus besoin de la solidarité nationale. D'autre part, lier prestations familiales et détention d'un titre de séjour autorisant à travailler revient conditionner le bénéficie de ces aides au fait de cotiser du fait de son activité professionnelle. De prestations non contributives, ces prestations deviendraient, pour les étrangers résident en France depuis moins de deux ans, des prestations contributives. C'est la nature même de ces prestations qui seraient ainsi modifiées.
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N° 10 16 mars 2025 |
AMENDEMENTprésenté par |
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MM. SZCZUREK, DUROX et HOCHART ARTICLE 1ER |
Alinéas 6, 8, 13 et 15
Remplacer le mot :
deux
par le mot :
cinq
Objet
Cet article vise à imposer une durée minimale de 2 ans de présence régulière d’un étranger sur le territoire français pour bénéficier de certaines allocations sociales.
Cette évolution est nécessaire tant la France ploie sous le poids d’une immigration légale et illégale incontrôlée qui déstabilise nos finances publiques et sape la stabilité de notre système social.
Cet amendement vise à aligner le dispositif sur le droit déjà existant. En effet, pour percevoir le RSA, un étranger doit détenir depuis au moins 5 ans un titre régulier l’autorisant à travailler sur le sol national. L’amendement vise donc à étendre de deux à cinq ans la condition de durée de détention d’un titre ou document de séjour pour percevoir des allocations spécifiques.
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Proposition de loi Condition de durée de résidence pour le versement de prestations sociales (1ère lecture) (n° 427 , 426 , 423) |
N° 7 14 mars 2025 |
AMENDEMENTprésenté par |
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Mmes ROSSIGNOL, NARASSIGUIN, CANALÈS, CONCONNE et FÉRET, MM. FICHET et JOMIER, Mmes LE HOUEROU, LUBIN et POUMIROL, MM. BOURGI et CHAILLOU, Mme de LA GONTRIE, M. DURAIN, Mme HARRIBEY, M. KERROUCHE, Mme LINKENHELD, M. ROIRON et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain ARTICLE 1ER |
Alinéas 14 à 16
Supprimer ces alinéas.
Objet
Cet amendement vise à exclure l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) de la liste des prestations sociales que la présente proposition de loi entend soumettre à une condition de durée de résidence sur le territoire français d’au moins deux ans.
L’allocation personnalisée d’autonomie est une aide fondamentale, répondant à des situations d’urgence sociale. Elle est destinée aux personnes âgées en perte d’autonomie, leur permettant de vivre dans de bonnes conditions tout en préservant leur dignité. Restreindre l’accès à cette aide en fonction de la durée de résidence serait une injustice, car il reviendrait à pénaliser les personnes âgées résidant en France depuis peu, souvent dans des situations de grande précarité.
De plus, l'APA relève d'une logique de solidarité nationale, qui ne doit pas être conditionnée par le temps de résidence sur le territoire, mais par la nécessité de soutenir les personnes vulnérables quel que soit leur statut migratoire. Limiter l’accès à cette aide fragiliserait davantage les populations âgées déjà en difficulté et irait à l’encontre des principes d’inclusion et de solidarité sur lesquels repose notre modèle social.
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N° 13 18 mars 2025 |
AMENDEMENTprésenté par |
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Mme LASSARADE au nom de la commission des affaires sociales ARTICLE 2 |
Remplacer le mot :
doivent
par le mot :
qui
et les mots :
être titulaires
par les mots :
sont titulaires
Objet
Rédactionnel.
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Proposition de loi Condition de durée de résidence pour le versement de prestations sociales (1ère lecture) (n° 427 , 426 , 423) |
N° 8 14 mars 2025 |
AMENDEMENTprésenté par |
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Mmes ROSSIGNOL, NARASSIGUIN, CANALÈS, CONCONNE et FÉRET, MM. FICHET et JOMIER, Mmes LE HOUEROU, LUBIN et POUMIROL, MM. BOURGI et CHAILLOU, Mme de LA GONTRIE, M. DURAIN, Mme HARRIBEY, M. KERROUCHE, Mme LINKENHELD, M. ROIRON et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS ARTICLE 2 |
Après l'article 2
Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport évaluant les conséquences des mesures de la présente loi sur la pauvreté des enfants et des familles monoparentales.
Objet
Les enfants dont les parents résident en France depuis moins de deux ans seront les victimes directes des restrictions prévues par cette proposition de loi. En effet, de nombreuses prestations sociales qui visent à soutenir les familles avec enfants, telles que les allocations familiales, la prestation d’accueil du jeune enfant, l’allocation de soutien familial, l’allocation de rentrée scolaire, ou encore le complément familial, deviendraient inaccessibles à certaines familles résidant pourtant en France. Ces restrictions toucheront particulièrement les familles monoparentales, déjà vulnérables et souvent en situation de précarité accrue.
Les mesures prévues par cette proposition de loi aggraveraient la pauvreté des enfants, dans un contexte où cette problématique est déjà particulièrement préoccupante. Selon l’Insee, en 2024, 20,6 % des enfants en France vivent sous le seuil de pauvreté, mais la situation est particulièrement dramatique pour ceux issus de familles monoparentales, pour lesquelles ce taux grimpe à 38 %. Cette loi, en privant certaines familles de ces aides essentielles, contribuera à augmenter les inégalités et à fragiliser davantage les enfants les plus vulnérables.
Par cet amendement, nous demandons au Gouvernement de produire un rapport détaillant les conséquences de cette proposition de loi sur la pauvreté des enfants, en tenant compte de leur impact particulier sur les familles monoparentales. Ce rapport devra évaluer les risques d’aggravation de la pauvreté infantile et proposer des solutions pour atténuer ces effets délétères.