LES CONCLUSIONS DE LA COMMISSION
DES LOIS
Réunie mardi 6 décembre 2011, sous la
présidence de M. Jean-Pierre Sueur, président, puis de
M. Jean-Pierre Michel, vice-président, la commission des lois a
examiné, sur le rapport de Mme Nicole Bonnefoy, le
projet de loi, adopté par l'Assemblée nationale,
renforçant les droits, la protection et l'information des
consommateurs (n° 12, 2011-2012), dont elle s'est saisie
pour avis.
Outre les neuf articles qui lui ont été
délégués au fond par la commission de l'économie,
la commission des lois a examiné dans son avis dix-sept articles, de
sorte qu'elle s'est prononcée au total sur près de la
moitié des cinquante-six articles que compte le texte adopté par
l'Assemblée nationale, qui n'en comportait initialement que onze. Elle a
adopté cinquante amendements présentés
par son rapporteur.
Le projet de loi modifie diverses dispositions de la loi du 6
juillet 1989 sur les relations entre bailleur et locataire, en
particulier les modalités d'établissement de l'état des
lieux et de restitution du dépôt de garantie, les conditions de
régularisation des charges locatives et la création d'une action
en diminution de loyer en cas de surface habitable inférieure à
la surface mentionnée au contrat. La commission des lois a
proposé diverses clarifications rédactionnelles, de nouvelles
règles de partage des frais en cas d'établissement de
l'état des lieux par huissier, ainsi que la suppression de la
référence à une grille de vétusté
forfaitaire dans le contrat de la location.
Le rapporteur a exposé le changement que constituait la
création de la faculté, pour la direction générale
de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes
(DGCCRF), de prononcer des sanctions administratives.
Innovation en droit de la consommation, elle vise à rendre plus
effective et rapide la sanction des manquements des professionnels à
leurs obligations à l'égard des consommateurs. La commission a
souhaité encadrer ces sanctions, dans le but de respecter les
règles fixées par la jurisprudence constitutionnelle en
matière de sanctions. Elle a aussi prévu que ces sanctions
fassent l'objet d'une publication, afin d'avertir les consommateurs. Enfin,
elle a assuré une articulation correcte entre les deux ordres de
juridiction, en cas de recours contre les sanctions administratives.
Malgré la baisse régulière de ses
crédits et de ses effectifs, le projet de loi accroît les
compétences de la DGCCRF, en matière d'injonctions, par
exemple pour éviter qu'un professionnel de la vente à distance
dans l'incapacité manifeste d'honorer ses commandes reçoive des
paiements de la part de ses clients. La commission a veillé à
clarifier ces prérogatives et à mettre en conformité leur
champ avec celui des missions de la DGCCRF.
La commission a également approuvé le
renforcement de la lutte contre les clauses abusives dans les
contrats, qui consiste à ce que le juge les relève d'office et
que sa décision déclarant une clause abusive non écrite
dans un contrat ait un effet sur tous les contrats en cours identiques.
La commission a veillé à la cohérence des
régimes de la vente à distance et de la
vente par démarchage, dont la vente en réunion
à domicile, et a proposé de transposer le passage de sept
à quatorze jours du délai de rétractation dans ces deux
types de vente, prévu par la directive du 25 octobre 2011 relative aux
droits des consommateurs. En outre, pour mieux protéger le consommateur
dans les foires et salons, elle a proposé la mise en
place d'une obligation d'information, avant la conclusion du contrat, sur
l'absence de droit de rétractation, assortie d'une sanction
administrative.
Enfin, dans la stricte continuité de ses travaux
antérieurs et comblant un vide dans ce projet de loi destiné
à mieux protéger les consommateurs, la commission des lois a
proposé la création d'une procédure d'action de
groupe « à la française », fondée sur
l'adhésion volontaire, respectueuse des procédures et
des principes du droit civil français. Après l'épuisement
des voies amiables, offertes notamment par la médiation, l'action de
groupe est la seule procédure qui permette au consommateur, grâce
au caractère collectif de l'action qui en mutualise le coût,
d'obtenir réparation de son préjudice dans des litiges de
consommation de faible montant.
La commission des lois a également examiné
diverses dispositions, en proposant des améliorations, relatives aux
contrats obsèques, à la répression de la revente avec
bénéfice de billets de manifestation sportive ou culturelle,
à la protection du nom et des signes distinctifs des
collectivités territoriales, à la protection des consommateurs
contre le démarchage téléphonique ou encore aux
prérogatives des maires en matière d'autorisation d'occupation
temporaire du domaine public en vue de l'organisation de ventes au
déballage de fruits et légumes...
Au bénéfice de ces observations et sous
réserve de l'adoption de ses amendements, votre commission a émis
un avis favorable à l'adoption des articles du projet
de loi dont elle s'est saisie pour avis.
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